Quels sont les effets néfastes du Fast fashion ?

Il y a quelque jours, Arte a diffusé sur sa chaîne Youtube un reportage sur les effets néfastes du Fast Fashion et les problèmes de l’industrie de la mode en général.

 

 

Nous ne pouvons que trop recommander de regarder ce documentaire signé Gilles Bovon et Édouard Perrin (qui devrait être diffusé dans les établissements scolaires tant il est passionnant). Mais pour celles et ceux qui n’ont pas le temps de le visionner, en voici un modeste résumé :

 

Qu’est-ce que le Fast Fashion ?

 

C’est une tendance de l’industrie de la mode à vouloir produire de nouveaux modèles de vêtements en grande quantité et ce dans les délais les plus courts possibles. Quel est le problème ? C’est que c’est fatalement en dépit non seulement de la qualité du produit, mais aussi de son originalité.

 

En effet, on découvre dans le reportage que l’une des marques les plus connues en matière de Fast Fashion : Zara, n’hésite pas à reproduire des modèles de d’autres marques, mais s’aide d’un service juridique pour que le nombre de différences soit suffisant afin d’éviter les poursuites judiciaires.

 

Grâce à cette technique s’apparentant à du plagiat, Zara peut proposer chaque mois pléthore de nouveaux vêtements low-cost, vendu dans des grands magasins. Jouant également sur la psychologie des consommateurs, ils misent sur le caractère éphémère des ventes « Edition limitée », « Si vous n’achetez pas cette robe cette semaine, vous n’y aurez plus jamais accès ! » (Alors qu’ils en ont encore plein en stock …).

 

Malheureusement, c’est le culte de la nouveauté, de la consommation de masse, et de l’achat compulsif.

 

Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle dans la Fast Fashion, notamment par l’intermédiaire des influenceurs dont les tarifs des placements publicitaires sont proportionnels à leur popularité, notamment auprès des adolescents qui sont le cœur de cible.

 

Instagram permet de vendre des produits via des influenceurs.

Instagram permet de vendre des produits via des influenceurs.

 

Quelles conséquences du Fast Fashion dans l’industrie de la mode ?

 

La nouveauté constante et la consommation de masse implique un certain cynisme que ce soit dans le processus de fabrication ou même dans la livraisons des clients.

 

Leicester au Royaume-Uni est un cas d’école dans ce domaine : l’esclavage moderne qui prédomine dans ses usines textiles a été mis en lumière dernièrement par la formation d’un cluster, à cause d’un protocole sanitaire inexistant.

 

Dans le documentaire, on y voit des employés payés 3 livres à l’heure (le salaire minimum au Royaume-Uni est de 7 livres / heure), sans aucune formation et sans aucune protection sociale. S’il n’y a pas de travail aujourd’hui : les ouvriers rentrent chez eux sans être payé.

 

Titre d'un article du Sud Ouest International concernant Leicester

Titre d’un article du Sud Ouest International concernant Leicester

 

Quand ces pratiques sont mises en lumière, les grandes marques comme Boohoo préfèrent remettre la faute sur les sous-traitants. Ainsi ils nient toute responsabilité.

 

Cette position est la même pour ce qu’il s’agit des livraisons : le E-commerce explosant, la livraison gratuite en un jour ouvré aussi. C’est plutôt une bonne chose non ?

 

Le « hic », c’est que les marques de Fast-Fashion ne sont pas très regardantes non plus sur la précarité des livreurs. En général, ils ne sont pas salariés, n’ont aucune licence (ce qui est normalement obligatoire pour les livreurs) et sont payés à la tournée. Mais pour le coup ça n’émeut pas tant que ça, car pour le client : tant que le produit est livré, le statut social du livreur n’est pas spécialement son problème.

 

Autre problème généré par ces livraisons (a fortiori les retours) : c’est l’empreinte carbone laissée par les livreurs qui doivent conduire des fourgons à longueur de journée.

 

 

 

Greenwhasing : les marques deviennent écoresponsables … ou pas ?

 

Le problème du Fast Fashion (à part bien sûr l’esclavage moderne, l’impact sur les ouvriers et l’environnement, et la mentalité consumériste en général), c’est que ça finit par se voir. Les marques pratiquant le Fast Fashion ont fini par se retrouver sous le feu des projecteurs pour leur mauvaise pratique, et ont donc décidé de se mettre au vert.

 

Ou du moins c’est ce qu’ils prétendent. En réalité ils revendiquent désormais une image (erronée) de marque écoresponsable, notamment en s’appuyant sur la viscose. La viscose est un textile végétal qui est, certes biodégradable, mais dont le processus de fabrication nécessite l’utilisation du disulfure de carbone (CS2). Celle-ci peut provoquer des graves de problèmes de santé pour les ouvriers (maladie des yeux, perte de fertilité …), ainsi que pour les habitants environnants via la pollution de l’eau.

 

Les habitants près des usines produisant de la viscose contractent des maladies graves dû à la pollution de l'eau.

Les habitants près des usines produisant de la viscose contractent des maladies graves dû à la pollution de l’eau.

 

Au final : non seulement la Fast Fashion pervertit l’écologie, mais pollue encore davantage en mettant en danger les habitants des zones concernées.

 

 

Le Slow fashion est-il une solution ?

 

Comme son nom l’indique, le Slow Fashion consiste à ralentir la vitesse de fabrication des vêtements pour privilégier non seulement la qualité du produit final, mais aussi pour respecter l’environnement et les ouvriers.

Cependant, c’est moins rentable pour les grandes marques. C’est donc à nous de changer notre manière de consommer, et d’être non seulement plus vigilant aux marques que l’on achète, mais surtout à la composition de nos vêtements.